La bouillie bordelaise est l’un des traitements fongiques les plus anciens et les plus utilisés au jardin. Composée de sulfate de cuivre et de chaux éteinte, cette solution protège efficacement les plantes contre de nombreuses maladies. Encore faut-il en maîtriser le dosage avec précision, que l’on traite un pot en terrasse ou un verger entier.
L’info en bref
- La bouillie bordelaise, composée de sulfate de cuivre et de chaux éteinte, est un fongicide efficace qui nécessite un dosage précis pour protéger les plantes sans nuire à la biodiversité du sol.
- La concentration standard recommandée varie entre 1 % et 2 %, ce qui correspond à 10 à 20 grammes de produit par litre d’eau selon la sensibilité de la culture.
- Pour une préparation optimale, il faut toujours verser le mélange de sulfate de cuivre dans celui de la chaux éteinte afin d’assurer une réaction chimique stable.
- La solution ne se conservant pas, il est conseillé de préparer uniquement le volume nécessaire, comme les 5 litres requis pour un pulvérisateur de jardin courant.
- Une gestion raisonnée, incluant le respect des doses et une application espacée de 8 à 10 jours, est essentielle pour éviter l’accumulation toxique de cuivre dans le sol.
- Le traitement doit être adapté aux conditions météorologiques et aux besoins spécifiques des cultures, comme le mildiou sur les légumes ou la cloque sur les arbres fruitiers.
Préparer la quantité exacte selon les besoins de vos cultures
Avant de pulvériser quoi que ce soit, il est indispensable de comprendre comment la concentration de la solution influe sur l’efficacité du traitement et sur la santé du sol. Un dosage trop faible ne protège pas suffisamment les feuilles, tandis qu’un excès de cuivre peut s’accumuler dans le sol et nuire à la microfaune. La règle d’or est donc de respecter scrupuleusement les proportions recommandées selon le type de plante traitée et l’intensité de l’infection fongique.
Calcul des proportions en grammes de bouillie bordelaise pour 1 litre d’eau
Pour un traitement courant au jardin, la concentration standard de bouillie bordelaise se situe entre 1 % et 2 %. En pratique, cela signifie qu’il faut dissoudre entre 10 et 20 grammes de produit dans 1 litre d’eau. Pour les cultures sensibles comme les tomates ou les pommes de terre, on se limite généralement à la dose la plus faible afin de ne pas brûler les feuilles. Pour les arbres fruitiers au feuillage plus robuste, une concentration légèrement plus élevée peut être envisagée en début de saison, avant le débourrement.
Concrètement, pour préparer 1 litre de solution, on commence par dissoudre le sulfate de cuivre dans une petite quantité d’eau tiède, puis on ajoute la chaux éteinte diluée séparément, avant de mélanger les deux préparations tout en remuant. Ne jamais inverser l’ordre des opérations : verser le sulfate dans la chaux, et non l’inverse, garantit une réaction chimique stable et une solution homogène.

Ajustement des volumes pour un pulvérisateur de 5 litres au jardin
La plupart des jardiniers utilisent un pulvérisateur de 5 litres, ce qui est le volume idéal pour traiter un potager familial ou une rangée d’arbres fruitiers. Pour préparer 5 litres de solution à 1 %, il suffit de multiplier par cinq les quantités calculées pour 1 litre : comptez donc entre 50 et 100 grammes de bouillie bordelaise selon l’objectif visé. Il est recommandé de préparer uniquement la quantité nécessaire pour la séance en cours, car la solution ne se conserve pas et perd en efficacité si elle reste inutilisée plusieurs heures.
Mesures et précautions de la solution à base de sulfate et chaux éteinte
L’utilisation de la bouillie bordelaise ne s’improvise pas. Au-delà du dosage, la technique de mélange et la fréquence d’application jouent un rôle déterminant dans l’efficacité du traitement tout en préservant l’équilibre du jardin.

Technique de mélange du produit pour éviter l’accumulation dans le sol
Le principal risque lié à une utilisation répétée ou excessive de bouillie bordelaise est l’accumulation de cuivre dans le sol. À long terme, des teneurs élevées en cuivre peuvent perturber l’activité des micro-organismes bénéfiques et appauvrir la biodiversité du sol. Pour limiter cet impact, il convient de ne jamais dépasser les doses recommandées, de varier les zones traitées d’une saison à l’autre si possible, et de limiter le nombre d’applications annuelles. Le sol absorbe le cuivre progressivement, et une gestion raisonnée de ce traitement fongique est indispensable pour maintenir un potager sain sur le long terme.
Fréquence d’application sur les feuilles selon les conditions climatiques
La fréquence d’application dépend directement des conditions météorologiques. Par temps humide ou pluvieux, les risques de développement des maladies fongiques augmentent, ce qui justifie des traitements plus rapprochés. En revanche, lors d’une période sèche et ensoleillée, la pression fongique diminue et les intervalles entre deux pulvérisations peuvent être allongés. En règle générale, on respecte un intervalle d’au moins une semaine à dix jours entre deux traitements, et l’on évite d’appliquer la solution sous la pluie ou par grand vent. Il est également préférable de traiter le matin, quand les feuilles ont eu le temps de sécher après la rosée nocturne.
Protéger le potager et les arbres fruitiers contre les maladies fongiques
La bouillie bordelaise s’applique sur un large spectre de cultures, des légumes du potager aux arbres du verger. Chaque type de plante présente ses propres exigences en matière de dosage et de calendrier de traitement.

Traiter le mildiou sur les tomates et les pommes de terre
Le mildiou est sans doute la maladie fongique la plus redoutée des jardiniers. Sur les tomates comme sur les pommes de terre, ce champignon ravageur peut détruire une récolte entière en quelques jours lorsque les conditions sont favorables. La bouillie bordelaise constitue un rempart efficace, à condition de l’appliquer de manière préventive dès les premiers signes de temps humide prolongé, avant l’apparition des symptômes. Pour ces deux cultures, on privilégie une concentration de 1 %, soit 10 grammes par litre d’eau, et l’on veille à bien couvrir la face inférieure des feuilles, là où les spores se développent en priorité. Un traitement tous les 8 à 10 jours pendant les périodes à risque suffit généralement à protéger efficacement les plantes.
Lutter contre la cloque du pêcher et la tavelure des arbres du verger
Les arbres fruitiers sont eux aussi exposés à diverses maladies fongiques que la bouillie bordelaise permet de combattre efficacement. La cloque du pêcher, qui se manifeste par des déformations et des boursouflures sur les feuilles, se traite de préférence à la fin de l’hiver, juste avant le gonflement des bourgeons. C’est à ce moment que le traitement préventif est le plus efficace, car les spores du champignon sont encore dormantes. La tavelure, quant à elle, touche principalement les pommiers et les poiriers, provoquant des taches brunes sur les fruits et les feuilles. Le traitement débute à l’ouverture des bourgeons et se poursuit jusqu’à la fin de la floraison, avec une concentration légèrement plus élevée que pour les cultures maraîchères. Pour 5 litres d’eau, comptez entre 75 et 100 grammes de produit selon la pression de la maladie. Bien maîtrisée, l’utilisation de la bouillie bordelaise permet de protéger durablement le verger tout en restant dans le cadre d’une agriculture raisonnée.



